Studio Zone 51
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vendredi 22 août 2014

UNE PLAQUETTE RÉTRO-FUTURISTE POUR LE CAFÉ PIXEL [design graphique]

Quand Le Café Pixel nous a commandé une plaquette de présentation, le studio a choisi d'orienter la création graphique vers une esthétique à la fois techno-futuriste et classique. Une plaquette bien conçue se devait de répondre graphiquement aux problématiques propres à l'espace de co-working : mise en réseau physique / virtuelle, lieu de travail / lieu de détente, architecture propice à la concentration et la fixité / à la rencontre et la mobilité... Cette réponse, c'est un graphisme évoquant le circuit intégré, mais aussi la future implantation à proximité du port autonome de Marseille : on joue sur la beauté schématique d'une cartographie de la ville et ses réseaux (eau, électricité, fibre optique...) et on reprend le code couleur "méditerranéen" de la cité phocéenne !
Espace de co-working à Marseille encore en projet, Le Café Pixel rassemblera dans un même lieu un open space équipé pour le travail en réseau, une galerie dédiée aux arts graphiques et numériques, une librairie et, enfin, un café design et convivial. Workshops et masterclasses seront organisés avec des concept artists et des studios d'animation de renommée internationale. #facebook.com/lecafepixelmarseille

MARSEILLE AUX MILLE ET UNE NUITS [paysage]

Pour finir en beauté la période estivale, et puisqu'une fois n'est pas coutume, Vivien a réalisé un "cliché" digne des cartes postales à touristes ou du générique de Walt Disney : une vue au crépuscule d'une des plus belles villes de France... Rien de fantastique donc, mais tout de merveilleux dans ce panoramique du Vieux Port de Marseille : car cette ville tant décriée s'est refaite une beauté l'année dernière à l'occasion de Marseille-Provence, Capitale Européenne de la Culture, et continuera sa mue avec la seconde phase du projet Euroméditerranée, le plus grand projet de rénovation urbaine d'Europe. Depuis "l'année capitale", les visiteurs du monde entier redécouvrent enfin la beauté sidérante - minérale et azuréenne - de la cité multi-millénaire. Tout n'est pas rose dans la ville la plus pauvre de France, loin de là, mais tout est bleu, métissé et encore possible : après Barcelone et Berlin, Marseille et ses immenses friches industrielles ont le potentiel humain, immobilier et géographique pour devenir la prochaine capitale européenne des avant-gardes et des cultures alternatives. Shoot réalisé sans filtre et une post-prod minimaliste tant la lumière provençale - Cézanne, Van Gogh ou encore Picasso l'avaient compris - se révèle orientale à la tombée de la nuit...

RÉTRO-RÉSEAUX ET OBSOLESCENCE PRÉVISIBLE [rétro-attitude]

Coup de coeur pour cette campagne de pub rétro-futuriste réalisée par l'agence Moma de Sao Paulo pour promouvoir les séminaires Maximidia. Si la série déjà date de 2010 et traite du thème de l'obsolescence, ni le concept de Rodolfo Sampaio (direction créative), Marco Martins (direction artistique) et Adriano Matos (conception-rédaction), ni les illustrations n'ont pris une ride !

mardi 8 juillet 2014

ENTREPRENEURS CADO 2014 : DES PORTRAITS TRÈS SPÉCIAUX [photographie éditoriale]

Ce dimanche 06 juillet s'est terminée la 29ème édition du cultissime festival MIMI, avec une orientation visuelle très SF pour l'édition 2014. Cette année, la plateforme DYNAMO avait un stand et, pour l'occasion, le studio Zone 51 avait été choisi par l'AMI (Aide aux Musiques Innovatrices, située à La Friche Belle de Mai) pour réaliser les portraits des nouveaux entrepreneurs accompagnés en 2014 par le dispositif CADO : de la conception originale à la maquette, en passant par le shooting et la post-production. Résultat : une série onirique et vintage qui n'est pas sans évoquer la nostalgie des vieilles séries TV anglaises et américaines du mercredi après-midi : Les Envahisseurs, Drôles de dames, Le Prisonnier, La Quatrième Dimension, Mission Impossible, Chapeau melon et bottes de cuir... De celles que l'on dévorait avec une tartine de Nutella et un verre de lait glacé ! Bref, une manière de boucler la boucle et de rendre un hommage décalé à l'innovation culturelle sous toutes ses "formes"...
Voici des aperçus de la série, cliquez dessus pour accéder aux images entières !
Merci à Gregory Duvernay pour son assistance précieuse et on décerne un Prix Spécial du Jury à Amélie, Benoît, Lucien, Bertrand, Isabelle, Louis, Mélinda, Mélodie, Francine, Chloé, Sarah et Sébastien de s'être si bien prêtés au jeu... Vous êtes des stars en puissance !

mardi 22 avril 2014

L'ENNEMI... C'EST SOI-MÊME [photographie éditoriale]

Marre de cet hiver/crise qui n'en finit pas ? Heureusement pour nous, Français neurasthéniques, nos illustres et néanmoins rebelles Romantiques - Lamartine, Hugo, Gautier, Nerval, Baudelaire... - avaient inventé l'esthétisation de la souffrance ! Mais pouvaient-ils imaginer que ses corollaires toxiques, plainte et auto-dénigrement, imprègneraient la société française du XXIème siècle au point d'en devenir le sport national !?! Modeste contribution au "Mal du Siècle 2, le Retour", voici une scène de rue que j'ai shootée devant l'église de la Madeleine illuminée pour les fêtes, dans un Paris froid et humide où la pluie et l'électricité semblent se livrer une dernière bataille. Associée au sonnet de Baudelaire, cette image, à la fois onirique et mélancolique, illustre à merveille le spleen français : solitude, essoufflement et créativité en berne, sous le poids d'un passé grandiose, inaccessible, écrasant... Mais, c'est surtout un malicieux clin d'oeil à tous nos potes parisiens : à Marseille, on a le chômage et la kalachnikov, c'est vrai... Mais, on a aussi les "collègues" et le soleil !
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
- Ô douleur ! Ô douleur ! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
L'Ennemi, Charles Baudelaire (Les Fleurs du Mal, 1857)

jeudi 30 janvier 2014

VERNON COURTLAND JOHNSON : L'ÂME DU SKATEBOARD MODERNE [rétrospective]

Si l'on peut considérer que l'esprit du skateboard moderne - rebelle, ironique, trash - a été fixé par Jim Phillips, le cèlèbre graphiste de Santa Cruz, son âme s'est sans conteste formée sous le trait sûr et académique de Vernon Courtland Johnson. Combien de générations de skateurs ont fantasmé sur ces dessins évoquant tour à tour les Danses de la Mort médiévales, la gravure du XIXème siècle, le Custom Art issu de la contre-culture US dans les années 1960 (Harley-Davidson, les Hell's Angels...) et l'iconographie d'une culture surf sérieusement perturbée par la "street attitude" des Z-Boys (skate, drugs and heavy-metal) ?
Si V. C. Johnson est un artiste discret, son art est associé à une marque de skate mythique, Powell-Peralta, qui redéfinit le sport au filtre d'un humour potache et lui donna un idéal de tolérance et de liberté, à travers ses vidéos légendaires en particulier (Future Primitive, Animal Chin, Public Domain, Propaganda...). Fondée à Santa Barbara en 1978 par George Powell - un ingénieur issu de l'aérospatiale - et Stacy Peralta - le skateur le plus doué de sa génération -, la marque recruta V. C. Johnson dès le début des années 80. Le logo - et perso ! - qu'il créa reste encore aujourd'hui une référence pour de nombreux designers... C'est le fameux "Ripper" :
L'année suivante, Powell et Peralta forment la Bones Brigade, en hommage aux premières "bones", des roues en uréthane blanc - la couleur des os - fabriquées par George et qui révolutionnent la pratique. Personne ne le sait encore, mais la Bones Brigade va transformer la planche à roulette californienne non seulement en un sport de dimension planétaire, mais en un "lifestyle" qui est depuis plus de trente ans le réservoir d'idées et le laboratoire de tendances pour toutes les avant-gardes liées à la street culture.
Il faut dire que dans cette Bones Brigade on trouve la crème de la crème : Steve Caballero (celui qui a toujours la tête de travers sur les photos), Tony Hawk (génie de la vert' et du marketing), Tommy Guerrero (en résidence ici à La Friche en 2013, pour la création d'un "skate band" dans le cadre de This is not music), Lance Mountain (le surfeur du béton), Mike Mc Gill (il en a avalé des couleuvres ;) et Rodney Mullen, l'alpha et l'oméga du skate, inventeur du ollie et freestyleur dont la technicité est encore aujourd'hui indépassée !
On comprend donc mieux comment les graphismes de V. C. Johnson ont fait le tour du monde et généré tellement de vocations, diffusés par les "tours" de la Bones Brigade en Europe, en Amérique du Sud, en Asie, et relayés par les écrans de TV à l'heure de la VHS triomphante. J'en suis le meilleur exemple : j'ai grandi à l'île de La Réunion dans les années 80-90, loin des grandes métropoles et avec une télé noir et blanc... Pourtant, grâce à l'unique skate shop de l'époque, aucun de ces visuels ne m'a échappé ! Ils ont nourri mon adolescence et sont à l'origine de ma passion pour une imagerie californienne à la fois "léchée" et transgressive, macabre et hyper-colorée, ironique dans son propos mais impersonnelle, custom, dans sa composition diamétrale. Illustration avec quelques visuels cultes :
Mais au début des années 90, après une décennie de succès et de démocratisation du skate, Powell-Peralta commence à connaître une crise que personne n'aurait pu prévoir. Une crise d'image d'abord : les années 90 marquent le décrochage à la fois avec l'esprit punk-trash incarné par les concurrents Santa Cruz et SMA, mais aussi avec les valeurs héritées du surf et de la West Coast (fun, pacifisme et mondialisation heureuse)... Les tricks deviennent très techniques, le skate enrichissant son vocabulaire quasiment tous les mois, les skateurs des 80's deviennent "old school" ; le hip hop de NYC ou Philly et les marques East Coast entrent avec fracas dans le monde du skate. Le graffiti, le baggy et l'attitude gangsta commencent à conquérir le monde... Du coup, la marque de Santa Barbara va connaître une véritable hémorragie de ses stars : exit Tony Hawk, Bucky Lasek, Colin Mc Kay, Mike Vallely... ! Une crise de modèle commercial aussi : Steve Rocco, le boss de World Industries, ouvre la voie à l'explosion des petites marques et à la conquête du marché par les skateurs pro eux-mêmes. Du coup, le vent tourne et, fin 1991, Stacy Peralta quitte le navire. Inutile de préciser que les graphismes de V. C. Johnson étant profondément associés aux années 1980, la "Powell Corporation" s'en détourne et peine à se trouver une nouvelle identité, à l'image des vidéos réalisées après le départ de Peralta, toutes plus pourries les unes que les autres. Cette traversée du désert - qui en fut aussi sans doute une pour V. C. Johnson - durera près de... dix ans ! Heureusement, nostalgie quand tu nous tiens, une véritable base de fans s'est entre-temps développée et les années 2010 voient un regain d'intérêt pour ces graphismes qui résistent au temps. Résultat : en mars 2011, Powell annonce le retour de V. C. Johnson à la création des graphismes de la marque. Et, comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, le visionnaire Stacy Peralta revient en 2012, fort de son expérience dans la réalisation avec Dogtown (prix de la critique et du public à Sundance en 2001), Riding Giants (2004) et l'écriture du scénario de Lords of Dogtown (2005). Pour notre plus grand plaisir donc, voici quelques nouvelles boards illustrées par V. C. Johnson...
... Et ces classiques magnifiquement réinterprétés à la palette fluorescente... Respect Mr. Johnson !
Je termine avec la bande-annonce du nouveau film de Stacy Peralta, sorti en 2012.... Bones Brigade: An Autobiography, qui est considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs documentaires réalisés ces dernières années.
Vivien / All rights reserved to Powell-Peralta Skateboards